->BD: Au-delà des nuages [Hautière/Hugault]

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juliet-fox
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Message par juliet-fox » jeudi 22 novembre 2007, 12:14

Je sais qu'il y a beaucoup d'avions de cette époque (années folles) où le champ de vision du pilote n'est pas terrible.
On avait pour l'atterrissage la possibilité de mettre l'avion en glissade afin (parmi d'autres intérêts que présente la glissade) d'améliorer ce champ de vision, et lorsque l'avion était dépourvu de verrière, la faculté de sortir la tête de l'habitacle pour estimer la hauteur, apprécier le point de contact avec le champ à Jules, etc...
Mais sur un taxi comme le Caudron 561, j'ai l'impression que ça se corsait encore davantage.
Quelqu'un saurait-il me dire comment un pilote s'y prenait quand il s'agissait de décoller ou d'atterrir d'un terrain qu'il ne connaissait pas ou qui lui était peu familier (quasi impossibilité de se fier à des repères latéraux sur un terrain que vous ne pratiquez pas régulièrement) et même pour éviter les collisions avec d'autres aeronefs lors de simples vols en palier...?
J'ai dans l'idée que les types aux commandes devaient avoir de sacrés torticolis... :wink:

t0ga
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Message par t0ga » jeudi 22 novembre 2007, 12:40

C'est clair , ça fait rêver, ces avions là sont d'une élégance rare.
Souvent ce qui va vite est beau.........
Du coté de la lufth dans les années 40 c'est pas mal non plus, en comparaison Lucas dans Star wars est un petit joueur.

Je bosse avec du marqueur, chartpak ou coopic puis scan et photoshop.
j'ai un peu utilisé painter pendant une periode mais je veux conserver le coté crayon/papier qui me permet d'etre plus sensible dans le traitement.

La mise en couleur c'est necessaire mais moins "exitant" chez moi que la phase crayonné.
Au "cleanage" on perd tout le temps des trucs que le crayon sugère.
D'ailleurs je vais me faire une cure de dessin bien crade, ça fait longtemps. :mrgreen:
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Régis Hautière
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Message par Régis Hautière » jeudi 22 novembre 2007, 14:26

t0ga a écrit :Je bosse avec du marqueur, chartpak ou coopic puis scan et photoshop.
j'ai un peu utilisé painter pendant une periode mais je veux conserver le coté crayon/papier qui me permet d'etre plus sensible dans le traitement.
Quelle que soit la technique utilisée, le rendu est de toute beauté. Chapeau !

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Eagle34
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Message par Eagle34 » jeudi 22 novembre 2007, 18:11

juliet-fox a écrit :Quelqu'un saurait-il me dire comment un pilote s'y prenait quand il s'agissait de décoller ou d'atterrir d'un terrain qu'il ne connaissait pas ou qui lui était peu familier (quasi impossibilité de se fier à des repères latéraux sur un terrain que vous ne pratiquez pas régulièrement) et même pour éviter les collisions avec d'autres aeronefs lors de simples vols en palier...?
Pendant la WWII, ce qui se faisait le plus souvent était que des mécaniciens montent sur l'aile pour guider le pilote pendant le roulage tant il est vrai qu'avec un train classique, la visibilité vers l'avant est quasi nulle.
Pour le décollage et l'atterrisssage, ils faisaient confiance aux controleurs à la radio pour être sûr qu'il n'y avait personne devant, et après ils regardaient sur les côtés, ou plus précisément, ils utilisaient leur vision périphérque pour vois les marques de bord de piste.
Après, en vol, l'assiette de l'avion est nettement moins cabré et on voit beaucoup mieux devant.

Pour info, j'ai eu l'occasion de faire quelques vols sur des vieux coucous de cette époque (Stampe, Stearman, Beech 17 Staggerwing). Je confirme qu'on n'y voit pas grand chose devant au roulage! Un autre truc estde rouler en zig-zag sur les taxiways car on y voit toujours mieux en oblique. Ca surprend un peu les controleurs et les autres pilotes habitués aux machines plus modernes mais ça marche! Pour l'atterro et le décollage, c'est surtout grace à la vision périphérique.
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juliet-fox
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Message par juliet-fox » jeudi 22 novembre 2007, 19:26

Merci de ces précisions Eagle34, mais ce qui me tarabuste dans le cas du Caudron 561, c'est qu'à la différence des Stampe, Tiger Moth, Stearman, Staggerwing, le problème ne se pose pas seulement au roulage (pour lequel il existait quelques trucs pour se dépatouiller, essentiellement lorsqu'on était chez soi).

Ma question concernait surtout les difficultés sur terrains inconnus.

Par ailleurs, avec les Stampe et semblables, on acquiert une vision satisfaisante dès que la roulette de queue est relevée et que l'avion est en ligne de vol ; je t'accorde volontiers que sur la plupart des machines à train classique et notamment sur les chasseurs de la WW2, si le roulage pose difficulté, une fois que l'avion est stabilisé en palier, on voit correctement devant soi et sur les côtés, la position de la tête étant au dessus du capot moteur.

Mais l'architecture du Caudron 561 (conçu il est vrai uniquement pour battre des records de vitesse, un peu comme le Bell X1 et autres prototypes du même tonneau) est telle qu'hormis une vision purement latérale ou au dessus, je me demande ce que voyait le pilote, même en palier (les yeux du pilote ne se trouvent-ils pas au mieux au même niveau que la casserole d'hélice ?).
Je pense que cet inconvénient était majeur sinon une telle formule, très aérodynamique, aurait été retenue pour les avions de chasse qui devaient être performants (mais pas seulement rapides).

Que Romain Hugault (qui a peut-être des réponses à mes interrogations) et Régis Hautière veuillent bien me pardonner de polluer ce topic, (consacré essentiellement à leur plaisant dernier album) par mes questions à côté de la plaque. :?

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Régis Hautière
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Message par Régis Hautière » jeudi 22 novembre 2007, 21:14

juliet-fox a écrit :Mais l'architecture du Caudron 561 (conçu il est vrai uniquement pour battre des records de vitesse, un peu comme le Bell X1 et autres prototypes du même tonneau) est telle qu'hormis une vision purement latérale ou au dessus, je me demande ce que voyait le pilote
Ben... s'il était comme moi, il ne voyait rien, parce qu'il avait tellement la trouille qu'il fermait les yeux. :mrgreen:

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Romain
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Message par Romain » vendredi 23 novembre 2007, 10:23

L'architecture du C561 est très spéciale mais ça devait quand même aller, car le tableau de bord était concu pour laisser voir de chaque coté... en fait toute la partie du cockpit devant le pilote est concave et les grands pare-brise courbes dégagent la vue vers l'avant.

aaaah t0ga! les chartpak... toute ma jeunesse!!! quand on se cramait les nasaux à l'école!!!
tu as bien raison de garder un traitement graphique lâché et vif... en tout cas chapeau c'est du très beau boulot!!

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juliet-fox
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Message par juliet-fox » samedi 24 novembre 2007, 19:16

Romain a écrit :L'architecture du C561 est très spéciale mais ça devait quand même aller, car le tableau de bord était concu pour laisser voir de chaque coté... en fait toute la partie du cockpit devant le pilote est concave et les grands pare-brise courbes dégagent la vue vers l'avant. !
Merci de ces précisions Romain, mais je crois que comme ton scénariste, j'aurais eu "les flubes" face à une telle machine volante.
Heureusement, grâce à la BD et à des gens comme toi, on peut vivre des tas d'aventures par procuration... et se sentir dans la peau de pilotes (de chasse, d'essai, etc... à toutes époques) pour notre plus grand plaisir et à moindres risques... Même si rien ne vaut le plaisir de branler le manche...

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Message par Eagle34 » samedi 24 novembre 2007, 20:20

Un autre appareil très célèbre posait lui aussi d'énormes problèmes de visibilité vers l'avant : le Spirit of St Louis avec lequel Lindberg a traversé l'Atlantique :

http://www.charleslindbergh.com/plane/

Pas de verrière avant, la moindre petite ouverture : rien! Seule solution : un périscope!
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Pour la petite histoire, le principe du périscope a été repris sur un autre avion célèbre : le Fouga Magister, où le moniteur en place arrière ne pouvait pas voir grand chose vers l'avant autrement.

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Deltafan
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Message par Deltafan » dimanche 25 novembre 2007, 0:34

Ayé, ai acheté la bête :D

J'avoue ne pas avoir ressenti autant de plaisir que pour le premier tome. La première partie (aux States) m'a bien plus, mais j'ai une meilleure connaissance (ce qui ne veut pas dire que j'en sois un spécialiste) de l'"environnement" de l'histoire pour la partie british et du coup j'ai moins eu l'impression de "découvrir" un univers pour cette partie.

Du coup, j'ai eu l'impression que le scénario était plutôt linéaire pour cette partie british, jusqu'à l'inattendu du dernier combat, qui était dans le ton, justement, du "Dernier combat".

Pour les dessins, tout commentaire serait superflu :wink:

Au final, j'ai vraiment adoré le premier tome à tout point de vue, mais le second me paraît moins "extraordinaire" (à partir du moment où on quitte l'Amérique), même si j'ai bien aimé.


Voilou

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Baptiste
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Message par Baptiste » dimanche 25 novembre 2007, 22:16

Je l'ai également! :D
Lu d'une traite! Puis relu pour prendre le temps de savourer les détails et ce festival graphique! Félicitations à Romain et Régis pour cette suite qui tient ses promesses, je trouve!

Certes, l'intrigue est relativement linéaire. On n'a pas vraiment un "suspense" ou l'attente de péripéties plus ou moins extraordinaires (efin, ce qu'ils font est déjà pas mal!) de la part des héros. Mais, personnellement, ça ne me dérange pas tellement dans la mesure où je ne pense pas que la force de l'histoire soit véritablement là. On est plus proche, comme déjà dit, du "Dernier envol" que de Buck Danny dans l'esprit du récit. Ici, on est entre le film hollywoodien (suite obligée du tome 1!) et de la tragédie grecque. Or, dans la tragédie, on n'échappe pas à son destin. L'intrigue tragique est généralement linéaire, et les personnages sont prisonniers de ce destin auquel ils ne peuvent échapper. Or, dans le cas d'"Au-delà des nuages", le tome 1 a bien mis en place ce destin...

Graphiquement, c'est absolument impeccable! Chaque case est un petit bijou de précision, de cadrage, de jeu de couleurs et de lumières, sans en faire trop pour autant. On pourrait craindre que le détail rende, à force, la bande dessinée illisble et ne casse la fluidité de la lecture (j'ai parfois cette impression désagréable dans certaines BD aux planches "surcahrgées"), mais dans le cas présent, Romain a vraiment trouvé un équilibre intéressant entre précision et dynamisme du dessin. Chapeau!

Au rang des questions, dans la lignée de Juliet-fox, la mienne concerne le Spitfire. On constate (notamment dans le combat à la fin de l'album) que certains appareils du squadron emportent des "belly tanks" classiques, qu'ils larguent au début du combat, et d'autres (comme celui de Pierre) un "slipper tank", qui n'est apparemment pas largué. Ces slipper tanks n'étaient-ils pas largués? Ou largables? Certes, conformés au ventre de l'appareil, ils offraient sans doute moins de traînée pénalisante qu'un réservoir supplémentaire classique, mais ils devaient tout de même jouer sur son agilité et ses performances. Quelqu'un en sait-il plus quant aux usages de ce type de réservoir tout-à-fait propre au Spitfire?

Autre question, plus historique: je suis tout de même étonné de voir les pilotes RAF/FAFL qui semblent devoir mener beaucoup de missions d'interception de bombardiers allemands à proximité des côtes britanniques, jusqu'à en être épuisés, à l'époque où se déroule le récit. Car ces combats débutent dans le récit en novembre 1941, soit bien après le Blitz (et après l'attaque de l'URSS qui a mobilisé une partie importante de la Luftwaffe). Je savais que la guerre aérienne sur la Manche et les côtes des deux côtés n'avait guère cessé, mais l'engagement de bombardiers allemands (on voit des Ju-88, des He 111, etc.) est à mes yeux plus surprenant.

Cela dit, une fois encore, bravo et merci à tous les deux!
Baptiste,vieux nouveau

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Message par B'iatch » mardi 27 novembre 2007, 23:18

A y est je l'ai enfin lu.
C'est formidablement réalisé et cela en met plein les mirettes. Mais le plus étonnant c'est que cette bédé en devient émouvante.

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Message par DESERTFOX » mercredi 28 novembre 2007, 9:40

Bah, ce n'est pas étonnant, on connaît bien le côté émouvant des BD de Romain accompagnées par l'excellent texte de Régis, j'ai aussi lu le tome 2 et visuellement c'est une baffe ! :shock: Il y a encore plus d'améliorations dans ce tome, certaines cases sont même plus réelles que des photos ! Chapeau bas ! 8) Comme toujours, c'est du grand art !
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Message par Romain » mercredi 28 novembre 2007, 20:11

Hello Baptiste!
Merci pour tes compliments...

concernanr le Spit le fait est que j'ai juste voulu varier les plaisirs en dessinant à la fois du réservoir largable (qui était le plus historiquement viable à cette époque pour l'escorte de bombardiers), et du Slipper tank.

Le but était de bien différencier les avions, pour que le lecteur comprenne bien que c'est Pierre dans l'avion de Jean. C'est toujours un problème dans les bd d'avions, car les machines d'une même escadrille ont toujours les mêmes camouflages. Souvent, le lecteur non initié confonds même un avion allemand d'un anglais. C'est un jeu subtil de détails et surtout de narration pour pas que le lecteur lambda ne perde le fil de l'histoire.

Concernant l'histoire de la Bd, la première partie se situe en 1941, sur spit V. Mais la seconde fin 1943 sur spit IX.

Merci à tous!

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B'iatch
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Message par B'iatch » mercredi 28 novembre 2007, 22:47

DESERTFOX a écrit :Bah, ce n'est pas étonnant, on connaît bien le côté émouvant des BD de Romain accompagnées par l'excellent texte de Régis, j'ai aussi lu le tome 2 et visuellement c'est une baffe ! :shock: Il y a encore plus d'améliorations dans ce tome, certaines cases sont même plus réelles que des photos ! Chapeau bas ! 8) Comme toujours, c'est du grand art !
Je suis du même avis que toi. LE dernier envol prend un coup de vieux quand on voit la qualité de la mise en scène.

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